Finances
Loin d’être à la hauteur, ce projet de loi de financement de la Sécurité Sociale esquive les débats sur l’hôpital public et les établissements médico-sociaux, sur les besoins du grand âge et de l’autonomie, sur les retraites ou sur les déserts médicaux.
De rares avancées concernent les services d'aide et d'accompagnement à domicile (tarif plancher) ou la prise en charge de la contraception féminine, mais ce PLFSS 2022 n’apporte aucune réponse structurelle aux enjeux de santé publique révélés par la crise sanitaire et comme mes collègues du groupe socialiste, écologiste et républicain, je me suis donc prononcée contre son adoption.
Convaincu qu’il faut partir des besoins en santé des territoires pour construire la politique budgétaire de la santé, j’ai pour ma part déposé plusieurs amendements visant à encourager la progression des effectifs des établissements de santé, lutter contre les déserts médicaux, et interpeller sur les potentiels oubliés du Ségur, malheureusement ils ont tous été rejetés.
Ce jeudi 1 er juillet, le Sénat examine le projet de loi de finances rectificative pour 2021. A cette occasion, la Sénatrice de la Drôme Marie-Pierre MONIER a fait adopter plusieurs amendements, et en particulier un qui permet de débloquer 100 millions d’euros pour la création d’appartements d’accueil d’urgence pour les victimes de violence conjugales et intrafamiliales.
Le Grenelle a permis quelques évolutions, notamment en matière de doctrine des forces de l’ordre concernant l’accueil des victimes. Mais en termes de moyens financiers et matériels, c’est très insuffisant.
Nous le constatons tous les jours sur le terrain : les solutions d’hébergement d’urgence sont trop peu nombreuses par rapport aux besoins. Le Grenelle devait s’accompagner de la création de 1000 places d’hébergements d’urgence : la sénatrice peine pour sa part à les voir en Drôme.
Et la répartition inégale sur le territoire est un véritable problème dans nos territoires ruraux : la mobilité est le 1er obstacle pour les femmes qui ont besoin d’être mises en sécurité. Si les lieux d’accueil d’urgence sont trop éloignés ou si les seuls accessibles sont déjà occupés car trop peu nombreux, quelle solution leur reste-t-il ? Ce constat appelle des actes concrets.
L’amendement adopté propose de débloquer les moyens financiers nécessaires pour permettre la construction de lieux d’accueil d’urgence sur l’ensemble du territoire national, afin que toutes les victimes de violences conjugales et intrafamiliales puissent être mise à l’abri rapidement à chaque fois que c’est nécessaire.
A présent, c’est aux députés de se prononcer pour le maintien de cette mesure quand le texte reviendra à l’Assemblée nationale.