Ruralité
Comme chaque dimanche de Pentecôte, le Comité d'Animation Touristique de Vinsobres (CATV) avait concocté une balade gourmande parmi les vignes, oliveraies et forêts de la commune.
Une formidable mise en valeur du village, de nos productions et de notre terroir viticole dans le cadre d'un moment de détente et de convivialité.
Bravo et merci aux bénévoles ainsi qu'aux producteurs participants et à l'organisation du CATV pour cette journée une nouvelle fois bien réussie !
J'ai eu le plaisir d'intervenir dans le deuxième épisode du podcast PotentiElles de la MSA Ardèche Drôme Loire, consacré aux femmes inspirantes qui font vivre le monde rural.
L'occasion d'évoquer mon parcours et de revenir sur les combats menés, au Sénat et sur le terrain, pour défendre l'égalité entre les femmes et les hommes et améliorer la prise en compte des spécificités de la ruralité !
La semaine dernière, au lycée du Dauphiné, nous rendions hommage à Thomas.
Longtemps, j'ai cherché les mots juste pour parler de ce drame d'une violence inouïe. Je ne sais pas s'il y en a. Ce qui est certain, c'est qu'on ne devrait pas mourir à 16 ans. On ne devrait pas, ne jamais rentrer d'un de ces bals de villages, qui sont l'âme de nos territoires ruraux.
Je redis ma solidarité avec ses parents, sa famille, ses amis, avec toutes les victimes frappées ce jour-là.
Merci aux forces de l'ordre, pour la rapidité de leur action, qui a permis des arrestations et qui fera bientôt la lumière sur la réalité de ce qui s'est déroulé ce jour-là.
Comme si l'horreur ne se suffisait pas à elle-même, certains ont voulu en rajouter : pendant la semaine qui a suivi, toute l'extrême-droite a fait le choix de se saisir de cette souffrance pour tenter de monter les français les uns contre les autres.
C'est odieux, c'est indigne, et surtout, c'est dangereux. Le week-end dernier, des groupuscules fascistes, qui se revendiquent comme tels, sont venus de toute la France, ici, en Drôme, à Romans, dans le quartier de la Monnaie, pour violenter les habitantes et les habitants, et mener ce qu'on ne peut pas appeler autrement qu'une ratonnade.
Il y a dans l'air un parfum inquiétant, et il faut vite nous ressaisir collectivement pour arrêter cet emballement.
Là encore, je tiens à remercier les forces de l'ordre qui ont été exemplaires.
Le travail de la justice est en cours : la République ne se venge pas, elle condamne avec justesse ceux qui le mérite, et elle reconstruit, pour tous les autres sans distinction, afin qu'aucun drame, aussi douloureux soit-il, ne suffise à nous empêcher de vivre ensemble.
Cette année encore, j’ai pris part avec beaucoup de plaisir à l’assemblée de village de Vinsobres.
Plusieurs dizaines de vinsobraises et de vinsobrais sont venus, à l’invitation de la municipalité, pour échanger autour des réalisations et des projets de la commune.
L’aménagement de la Bane, les travaux du centre bourg, le Pumptrack, la maison d’assistantes maternelles (MAM), l’isolation du bâtiment des gîtes et la question de l'adduction d'eau potable au-delà du village, ont fait partie des sujets abordés.
Un moment important de démocratie locale où la population peut mesurer les complications auxquelles se heurtent parfois les élus qui, en retour, peuvent mieux évaluer l’impact des décisions prises et les besoins qui restent à couvrir.
J'ai eu le plaisir d'animer une séquence consacrée aux jeunes des territoires ruraux dans le cadre de l'événement "Femmes et ruralités : la parole aux élues de nos territoires", organisée par la Délégation aux Droits des Femmes dans le sillage de notre rapport "Pour en finir avec les zones blanches de l'égalité".
Manque d'informations et d'opportunités en matière de poursuite d'études et de carrières professionnelles, autocensure, persistance de stéréotypes de genre : les enjeux, trop longtemps insuffisamment pris en compte dans nos politiques publiques, sont nombreux.
Cette séquence a été rythmée par les très beaux témoignages de Salomé Berlioux, présidente de l'association Chemins d'avenirs ainsi que de Laurence Perez, maire de la Commune de Saint Jean de Galaure, commune rurale de la Drôme, qui nous ont fait part de leurs initiatives précieuses sur le terrain !
Les données mises à jour à chaque Comité Départemental Loup conduisent à un constat très net : les nombres de meutes installées, d’attaques et de bêtes tuées ou blessées n’ont fait quasiment qu’augmenter ces dernières années dans la Drôme.
Malgré le renforcement des protections des élevages et l’augmentation des prélèvements de loups notamment depuis l’atteinte en 2019 du seuil de viabilité de l’espèce fixé à 500 individus, la pression de prédation sur les troupeaux reste très forte.
Les conditions de travail des éleveurs et des bergers sont devenues inacceptables avec un stress permanent quant à la sécurité de leur troupeau, accentué par la gestion complexe des chiens de protection.
Avec aujourd’hui la présence de 920 loups en France, la politique de gestion du loup doit évoluer. Le pastoralisme doit être reconnu comme préalable et non comme variable d’ajustement de la protection du loup. Je souhaite que le Plan National d’Action pour le loup 2024-2029, actuellement en préparation, intègre cette évolution et j’ai adressé au Préfet de Région Auvergne-Rhône Alpes, coordonnateur national pour le loup, un courrier lui faisant part des points essentiels :
- Parvenir à un consensus sur la méthode de dénombrement afin de lever les incertitudes ;
- Intégrer la nécessité de se doter de chiens de protection parmi les coûts de protection du troupeau ;
- Reconnaitre le préjudice de santé engendré par la pression de prédation ;
- Avancer vers une régulation territorialisée de la présence du loup combinant moyens de défense et connaissance fine des comportements.
Ce sujet est majeur pour nos territoires car le pastoralisme comme la biodiversité sauvage doivent être sauvegardés dans un écosystème qui a été déséquilibré par la présence du loup.
Aux côtés d’une équipe de rapporteurs représentant la diversité politique du Sénat, mais également de nos territoires, nous avons travaillé pendant dix mois pour aboutir à notre rapport “Femmes et ruralités : en finir avec les zones blanches de l'égalité”, que vous pouvez retrouver en ligne sur le site du Sénat.
Articulé autour de huit thématiques (mobilité, jeunesse, emploi, entreprenariat, situation des agricultrices, santé, violences faites aux femmes,et engagement politique et public), il dresse un large tour d’horizon de la situation des femmes vivant en ruralité.
Suite à sa publication, notre rapport a été présenté en fin d’année dernière à Elisabeth Moreno, ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, et Joël Giraud, secrétaire d'État chargé de la ruralité.
J’ai profité de ce temps d’échanges pour les alerter sur la nécessité de créer davantage de postes d'intervenantes sociales en gendarmerie ainsi que des places d'hébergement adaptées à la situation des femmes victimes.
L’attention portée à ce sujet a conduit à des premiers signaux positifs de la part du gouvernement, qui a lancé deux appels à manifestation d’intérêt, afin de financer des actions adaptées aux spécificités des territoires ruraux en faveur des femmes qui y résident, pour un budget total d’1,5 millions d'euros.
S’il s’agit d’une avancée, ces montants ne sont toujours pas à la hauteur des enjeux : il est par ailleurs indispensable que nos politiques publiques, nationales et territoriales prennent en compte de manière plus pérenne ces problématiques qu’il nous faut continuer à mettre en avant dans le débat public aujourd'hui.
Au sein de la Chambre Haute, la réflexion continue : l’examen d'une proposition de résolution transpartisane, inspirée des conclusions du rapport, qui surviendra après la suspension parlementaire, marquera une nouvelle étape dans nos travaux.
J'étais présente la semaine dernière à l'inauguration des travaux de l'espace jeunesse de Nyons : destiné aux 11-17 ans, ce lieu de convivialité propose de nombreuses activités et jeux dont pourront profiter tous les jeunes du territoire.
J'ai félicité lors de ma prise de parole la mairie de Nyons pour cet investissement en faveur de la jeunesse et souligné l'importance d'un tel espace, notamment dans nos territoires ruraux, où les services et loisirs sont moins diversifiés et accessibles qu'en ville : 32% des jeunes ruraux n'ont ainsi jamais participé à des activités extra-scolaires, contre seulement 20% en zone urbaine, une inégalité encore aggravée pour les jeunes filles.
Cette thématique de l'égalité entre les femmes et les hommes est d'ailleurs pleinement investie par nos jeunes, à l'initiative avec le service jeunesse de la ville de Nyons pour réaliser un film visant à sensibiliser leurs pairs sur les violences à l'égard des femmes : bravo à eux !